
Vous l’avez vu dans une vitrine, sur un sac à dos ou dans une story Instagram : le petit monstre aux neuf dents pointues, Labubu, s’est imposé comme l’objet collector de la décennie. Et avec le succès vient, mécaniquement, l’inondation de copies.
Le réflexe qui vaut pour n’importe quel achat où l’apparence trompe s’applique ici aussi. C’est le même qui pousse à repérer les aliments trop transformés plutôt que de se fier à un emballage qui promet tout : on regarde les détails, pas la promesse marketing.
Labubu : pourquoi la contrefaçon explose sur ce jouet collector
Pop Mart, la marque chinoise derrière Labubu, vend ses figurines en séries limitées, souvent en blind box — on ne sait pas quelle variante on tire avant d’ouvrir. Ce principe de rareté organisée, couplé à une demande mondiale qui dépasse largement la production, a créé un terrain idéal pour les faussaires.
Résultat : des ateliers produisent des « Lafufu » (le surnom donné aux contrefaçons dans la communauté des collectionneurs) à une vitesse qui suit presque celle des sorties officielles. Certaines sont grossières. D’autres, non.
Le problème n’est plus de distinguer un jouet cheap d’un produit premium. Les meilleures copies reproduisent le moule, la texture du vinyle et même le poids approximatif de l’original. C’est dans les détails fins que ça se joue.
Les détails d’étiquette et d’emballage à vérifier avant d’acheter
Avant même d’ouvrir la boîte, trois éléments méritent un coup d’œil.
Le QR code au dos de l’emballage. Pop Mart l’a généralisé sur ses dernières séries : il renvoie vers une page d’authentification officielle. Un QR code flou, imprimé de travers ou qui redirige vers une page sans rapport doit alerter tout de suite.
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L’étiquette de la boîte elle-même : une police légèrement différente, un logo Pop Mart étiré ou mal centré, une boîte dont le carton semble plus fin que d’habitude. Les faussaires copient l’image, rarement la qualité d’impression.
Le sachet intérieur, enfin. Sur un Labubu authentique, la figurine est scellée dans un sachet plastique épais, thermosoudé proprement. Un sachet fin, qui se déchire au premier contact, trahit presque toujours une copie.
Le visage, les dents et les proportions : ce qui trahit un faux
Une fois la figurine en main, le visage reste le meilleur indicateur. Labubu a exactement neuf dents, disposées de façon irrégulière mais précise. Sur les contrefaçons, on en trouve parfois huit, parfois dix, ou alignées de façon trop symétrique.
Les oreilles doivent être souples au toucher, jamais rigides. Les yeux, peints à la main sur les éditions officielles, présentent de légères variations de teinte d’une figurine à l’autre — un faux produit en masse aura des yeux parfaitement identiques d’une pièce à l’autre, ce qui, paradoxalement, est un mauvais signe.
Je ne me fierais jamais à la couleur seule pour trancher. Les variantes officielles changent de saison en saison, et un vendeur malhonnête s’en sert justement comme excuse pour justifier un coloris qui n’existe pas au catalogue.
Les 4 points de contrôle avant d’acheter un Labubu
1. QR code — net, imprimé droit, redirige vers Pop Mart officiel.
2. Sachet intérieur — plastique épais, thermosoudé, jamais fin ni cassant.
3. Neuf dents — comptées une par une, disposition légèrement irrégulière.
4. Prix — un écart de plus de 30 % sous la cote habituelle doit alerter.
Prix trop bas, vendeur douteux : les signaux d’alerte à l’achat en ligne
La plupart des arnaques ne se jouent pas sur la figurine elle-même, mais sur le contexte de vente. Un compte créé il y a trois semaines, zéro avis, et un Labubu rare affiché à moitié prix du marché : c’est l’équation classique de la contrefaçon.
Sur les marketplaces généralistes, méfiez-vous aussi des photos génériques reprises d’une autre annonce : une vraie vente affiche presque toujours des photos prises par le vendeur, avec parfois un léger reflet ou un angle imparfait. Une photo trop parfaite, trouvable ailleurs sur le web, sent la copie.
L’erreur classique consiste à se laisser convaincre par l’urgence : « dernière pièce, départ dans 10 minutes ». C’est une technique de vente, pas une preuve d’authenticité.
Faut-il se fier à un certificat d’authenticité ?
Certains vendeurs ajoutent un « certificat » glissé dans le colis. En réalité, Pop Mart ne délivre aucun certificat papier individuel pour ses figurines grand public : ce document, s’il existe, ne prouve rien par lui-même.
La seule vérification qui vaille reste le QR code officiel scanné depuis la boîte, et la comparaison physique du jouet avec les visuels publiés sur le site de la marque. Un certificat imprimé à la maison n’a aucune valeur face à ça.

Ce qu’on vérifie aussi avant de remplir son caddie ou son panier
Ce réflexe de lecture attentive avant l’achat ne s’arrête pas aux jouets collector. Il vaut tout autant devant un rayon de supermarché, où l’emballage promet parfois plus que le contenu ne tient.
Et si vous envisagez un jour de revendre vos trouvailles — figurines, objets de collection ou créations — sur un stand ou en ligne à titre régulier, sachez qu’il existe un seuil de chiffre d’affaires à ne pas dépasser sans déclaration, celui de la micro-entreprise. Un détail qui a son importance dès que la collection devient un petit commerce.
Au final, authentifier un Labubu demande la même rigueur que n’importe quel achat où l’enjeu financier dépasse le prix d’un café : on regarde, on compare, on ne se presse jamais. Le faussaire compte sur votre impatience, pas sur votre œil.
Un Labubu sans étiquette peut-il être authentique ?
C’est possible pour une figurine sortie de sa boîte depuis longtemps, mais sans étiquette ni sachet d’origine, aucune vérification fiable n’est possible. Le doute profite au vendeur, pas à vous.
Les boutiques physiques Pop Mart garantissent-elles l’authenticité ?
Oui, et c’est la solution la plus simple si vous débutez : acheter directement en magasin Pop Mart ou sur son site officiel élimine tout risque de contrefaçon.
Et vous, qu’en pensez-vous à propos de reconnaître un vrai Labubu : les détails qui ne trompent pas ?
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Juliette Clément