
Face à une facture impayée, l’ordre à respecter est presque toujours le même : relance amiable, mise en demeure, puis, si rien ne bouge, injonction de payer ou action en justice. Les montants exacts (pénalités, indemnité forfaitaire, seuils de compétence, coûts de procédure) dépendent du texte en vigueur au jour où vous agissez : ce guide décrit la mécanique et vous dit où vérifier chaque chiffre avant de vous en servir.
Avant tout recours : les bons réflexes
Avant d’envisager une mise en demeure ou une action en justice, deux vérifications s’imposent. La première porte sur la facture elle-même : les mentions obligatoires doivent y figurer, faute de quoi la créance peut être contestée sur la forme. La seconde porte sur les conditions générales de vente (CGV) ou le contrat signé avec le client : elles fixent souvent, entre professionnels, le délai de paiement convenu, le taux des pénalités de retard applicable et les modalités de relance. Une relance amiable simple — appel, courrier, e-mail — reste la première étape, la plus rapide et la moins coûteuse. Elle permet aussi de comprendre si le non-paiement vient d’un oubli, d’une contestation de la prestation ou d’une réelle difficulté de trésorerie du débiteur, ce qui oriente la suite.
La mise en demeure
Si la relance amiable reste sans effet, la mise en demeure formalise la demande de paiement. Elle prend la forme d’un courrier, en général envoyé avec un moyen qui permet de prouver sa date de réception, qui rappelle le montant dû, la facture concernée et fixe un délai pour régulariser. Elle a un effet juridique précis : elle marque le point de départ de certains délais et peut déclencher le calcul des intérêts de retard, dans les conditions prévues par le contrat ou, à défaut, par la loi applicable au jour de l’envoi. Le contenu exact que doit comporter une mise en demeure, et la forme qu’elle doit revêtir pour produire pleinement ses effets, se vérifient sur service-public.fr avant rédaction.

Les pénalités de retard et l’indemnité forfaitaire de recouvrement
Entre professionnels, le droit français encadre les pénalités de retard applicables à une facture impayée, ainsi qu’une indemnité forfaitaire de recouvrement due au créancier en plus de ces pénalités. Ce cadre existe, mais son taux et son montant ne se recopient jamais de mémoire : ils évoluent et dépendent de la nature de la créance et de la date de la facture. Le montant en vigueur de l’indemnité forfaitaire de recouvrement, ainsi que le taux applicable à défaut de mention contractuelle, se lisent sur economie.gouv.fr, rubrique DGCCRF consacrée aux délais de paiement entre professionnels, à la date où vous préparez votre relance ou votre mise en demeure.
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Le recours à un service de recouvrement amiable
Lorsque la mise en demeure n’aboutit pas, il est possible de confier le dossier à un service de recouvrement amiable, dont le rôle est d’obtenir le paiement sans passer par une décision de justice. Ce type de démarche reste une négociation encadrée : elle ne donne aucun pouvoir de contrainte comparable à celui d’un commissaire de justice (l’ancien huissier de justice) agissant sur décision d’un juge, et elle ne se substitue pas à une procédure judiciaire si le débiteur refuse de coopérer. Elle peut néanmoins débloquer une situation avant d’engager des frais de justice.
InfographieÀ retenir en trois points
Relance amiable prioritaire
Appel, courrier ou e-mail: première étape rapide et gratuite avant mise en demeure.
Mise en demeure formalise
Courrier prouvant date de réception, rappelant montant, facture et délai de paiement.
Injonction de payer
Procédure judiciaire sans audience pour créance non sérieusement contestée.
L’injonction de payer
Si le recouvrement amiable échoue, l’injonction de payer est la procédure judiciaire la plus couramment utilisée pour une créance impayée non sérieusement contestée. Elle consiste à saisir la juridiction compétente d’une requête, sans audience contradictoire à ce stade : le juge examine le dossier sur pièces et peut rendre une ordonnance faisant injonction au débiteur de payer. La juridiction compétente pour déposer cette requête, la procédure à suivre, les formulaires à utiliser et le coût de la démarche se vérifient sur justice.fr et service-public.fr, car ils dépendent du montant de la créance et de la qualité du débiteur (professionnel ou particulier).
Le référé-provision et l’assignation au fond
Deux autres voies judiciaires existent lorsque l’injonction de payer n’est pas adaptée. Le référé-provision permet, en cas d’urgence et lorsque la créance n’est pas sérieusement contestable, d’obtenir rapidement une décision provisoire condamnant le débiteur à verser une provision. L’assignation au fond, plus longue, est la voie à envisager lorsque le débiteur conteste réellement la créance ou la prestation : le juge tranche alors le litige sur le fond, et pas seulement sur l’existence apparente de la dette. Le choix entre ces deux voies et l’injonction de payer dépend de la situation précise du dossier et relève d’un avocat ou du greffe du tribunal compétent, jamais d’une règle générale applicable à tous les cas.
Le cas particulier du client professionnel vs particulier
- Ce qui change
- Délais de paiement, pénalités de retard et indemnité forfaitaire de recouvrement relèvent du cadre encadrant les relations commerciales entre professionnels, avec des règles et des montants propres à vérifier à la date de la facture.
- Ce qui change
- Les règles applicables sont celles du droit de la consommation et du droit commun des contrats, distinctes de celles applicables entre professionnels ; l’indemnité forfaitaire de recouvrement propre aux professionnels ne s’applique pas de la même façon.
- Ce qui change
- L’injonction de payer est en général la voie la plus rapide, sous réserve de vérifier la juridiction compétente selon le montant et la qualité du débiteur.
- Ce qui change
- Le référé-provision ou l’assignation au fond sont à envisager, en fonction du caractère sérieux ou non de la contestation.
Ce tableau ne remplace pas un avis individualisé : il indique quels facteurs font varier la procédure et le calcul, pas le résultat chiffré applicable à une situation donnée.
Ce qui reste à vérifier avant d’agir
Ce dossier n’affirme aucun montant, aucun taux et aucun délai chiffré, faute d’avoir pu les vérifier à la date de sa rédaction sur les sources qui font foi. Restent notamment à consulter au jour où vous agissez : le montant de l’indemnité forfaitaire de recouvrement entre professionnels et le taux des pénalités de retard applicable à défaut de mention contractuelle (economie.gouv.fr, rubrique DGCCRF) ; les délais de paiement légaux maximaux entre professionnels et leurs éventuelles dérogations sectorielles ; le coût exact et le barème de l’injonction de payer selon le tribunal compétent, ainsi que le seuil de compétence entre les différentes juridictions pour une créance donnée (justice.fr, service-public.fr) ; et, pour tout litige, les articles du Code de commerce et du Code civil applicables dans leur version en vigueur (legifrance.gouv.fr). Pour toute situation individuelle, l’interlocuteur reste un avocat, un commissaire de justice ou le greffe du tribunal compétent — jamais une règle générale lue en dehors de son contexte.
Deux vérifications ultérieures et utiles au moment d’agir sur ce même sujet : les difficultés de trésorerie liées à des impayés peuvent trouver une réponse dans un rachat de crédit, et le suivi de trésorerie propre à la micro-entreprise aide à anticiper ce type de situation. En amont, sécuriser ses factures et contrats en amont limite certains litiges, tout comme la connaissance des nouvelles obligations de facturation électronique entre professionnels.
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Juliette Clément


